De l’adoption à l’appropriation créative de l’IA

Identité, compétences et sens au cœur des transformations du travail à l’ère de l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle ne constitue pas seulement un nouvel outil ou une vague technologique de plus. Elle agit comme une dynamique de transformation globale et systémique qui reconfigure en profondeur le travail, l’emploi et les trajectoires professionnelles. Elle déplace les repères traditionnels de l’orientation, de la formation, des compétences, de l’employabilité et de la carrière.

Derrière les promesses d’efficacité, d’automatisation et de productivité, c’est le rapport même entre l’humain, la création de valeur et la manière dont cette valeur est captée qui se transforme. Ce déplacement est moins visible que les gains techniques, mais il est autrement plus décisif pour les individus comme pour les organisations.

Dans ce contexte, avec ou sans intelligence artificielle, une conviction demeure : investir dans la singularité et la créativité humaines n’est pas un luxe, mais une nécessité. Ce sont elles qui permettent de rester acteur, de produire une valeur qui ne soit ni interchangeable ni immédiatement absorbable par les systèmes.

Cela suppose de dépasser une approche limitée à l’adoption des technologies. L’enjeu n’est pas d’utiliser l’IA au travail, mais de se l’approprier de manière authentique, critique et créative. Cette appropriation repose sur trois dimensions indissociables : l’identité, c’est-à-dire ce que chacun engage de singulier dans son activité ; les compétences, non comme simples ressources mobilisables, mais comme capacités vivantes en évolution ; et le sens, entendu comme la direction donnée à l’action et à la contribution au monde.